J’irais marcher le long du jour

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Dans un élan vital, l’homme, seul, avance, quittant l’obscurité, éclairé par la lumière qu’il reçoit au fur et à mesure de sa marche jamais achevée. Paradoxalement un temps cyclique est traduit dans cette série linéaire constituée de 12 panneaux lenticulaires qui démultiplient le mouvement de la marche de l’obscurité vers la lumière. Notre premier rapport physique à la lumière est à la lumière solaire, la lumière de notre premier souffle. Mais l’obscurité, ça n’est pas la nuit, c’est l’absence du visible. L’installation J’irais marcher le long du jour… poignante, nous trouble. Elle ne parvient pas à fixer le visible, ni même un fragment du monde, elle ne fait pas de l’image en mouvement, elle témoigne au contraire de l’impossibilité d’y parvenir. Son objet privilégié n’est pas une portion d’espace, mais la durée elle-même, la durée, c’est à dire le temps concret, continu de la vie et de la pensée, ou plutôt la façon dont elle étend son ombre sur la perception des choses. C.Legallais