360 ° Atelier de Recherche et Création

L’atelier de Recherche et Création (ARC 360) s’inscrit dans une démarche prospective sur les langages de l’image audiovisuelle. Il interroge les modalités d’écriture et de lecture de l’image, le rapport de perception et d’immersion entretenu par le spectateur en relation aux technologies qui les produisent.

Le projet se nourrit de différentes histoires de l’images animée notamment celle à l’origine de l’histoire du cinéma et de ses inventions, comme le cinématographe des Frères Lumière, le cinémascope, le cinéma en relief. Chacune de ces techniques a modelé l’écriture de l’image et développé un rapport spécifique au spectateur.

Dans l’histoire de l’art, l’attention est portée sur les installations vidéo dès lors qu’elles positionnent le spectateur à l’intérieur d’un dispositif audiovisuel dont l’échelle s’apparente à la sienne et dont la temporalité interroge celle de sa propre présence. On retrouve ces questionnements dans des installations comme celles de Dan Graham, Bill Viola ou Gary Hill.

Enfin l’histoire de l’image comme ‘réalité virtuelle’ dont l’origine pourrait être située dans celle des panoramas ou cycloramas, où le spectateur est immergé dans un espace circulaire de grande échelle comportant une scène peinte sur une large toile panoramique qu’il parcourt visuellement et physiquement. On peut retrouver cette écriture d’un espace ‘déroulant’, d’un parcours cyclique dans des oeuvres vidéo non immersives comme celles de Zbigniew Rybczynski.

Quant à l’immersion proprement dite en ‘réalité virtuelle’ ce sont notamment des oeuvres conçues et réalisées pour des configurations techniques spécifiques comme les ‘caves’ où le spectateur est physiquement au centre du dispositif et sa position et ses mouvements interagissent avec l’environnement et le contenu audiovisuel proposé. C’est le cas des oeuvres réalisées par l’artiste Maurice Benayoun.

On peut citer également les installation artistiques basés sur des images vidéo filmées de Luc Courschesne lui-même associé au laboratoire de recherche de la Sat à Montréal, interrogeant l’immersion et l’interaction avec le spectateur dans des configurations de type panoramique ou dôme.

Parallèlement on trouve dans les oeuvres de Char Davies conçues et développées pour un casque immersif une dissociation avec l’espace physique réel pour être un ‘regard-parcours’.

Jeffrey Shaw véritable pionnier, a quant à lui conçu de nombreux dispositifs dont les enjeux d’immersion et d’interaction fondent le propos artistique. Ses productions soulignent le jeu d’interaction conceptuel entre l’espace réel physique dans lequel le corps du spectateur s’inscrit et le potentiel de ‘réalité’ généré par l’image que le spectateur incarne par l’acte de voir dans son déplacement Des productions de plus en plus nombreuses sont réalisée notamment pour des casques immersifs, les étudiants ont pu découvrir des réalisations pour Oculus Rift lors du dernier festival VIA Home Cinema qui a accueilli à l’époque également les installations de Jeffrey Shaw.

Le projet 360 a été proposé pédagogiquement jusqu’à l’année dernière sous la forme d’un ARC. Il a pour objet d’interroger l’écriture spatiale et temporelle de l’image audiovisuelle engageant une relation spécifique avec le spectateur par la production de pièces artistiques conçues et produites par les étudiants pour et à partir de cette technologie.

Projets menés par les étudiants et en collaboration avec l’ingénieur Philippe Bekaert du laboratoire EDM (Expertsie for digital media, Hasselt) :

 

Babel : Rémi Casier – Fabien Foulon

(Le lieu du tournage est la Cité hospitalière – hôpital Claude Huriez à Lille).

Le projet est centré sur un élément architectural singulier, un escalier hélicoïdal. Le choix et le repérage de l’escalier tiennent à une volonté d’utiliser tous les axes de vision de la caméra et de proposer une perte de repère sur un décor répétitif dont l’axe haut-bas est également incertain.
L’action est une chorégraphie/performance. Des personnages portant un masque blanc sont répartis entre les paliers, certains d’entre eux frappent la structure métallique de l’escalier à un rythme régulier. L’acteur-caméraman portant également un masque gravit progressivement l’escalier, croise les autres protagonistes et fait basculer le point de vue une fois arrivé en haut de l’escalier.

Le Repas  Chloé Petitjean / Laurène Marcant

Tournage : Plateau de tournage Le Fresnoy

Scénario : Une famille se réunit suite au décès du grand-père. Nous assistons à la scène de repas suivant la cérémonie, auquel participent les membres de cette famille. La caméra, fixe au centre de la table, capte ce moment. : échanges, conflits, rires, … vont rythmer cette réunion.
Ce plan séquence circulaire brosse un portrait psychologique des différents membres de la famille. À la fin du plan, le spectateur se rend compte qu’il est l’objet de la réunion de famille, la caméra étant située en lieu et place de l’urne funéraire au centre de la table.
L’intérêt premier du spectateur sera de chercher à comprendre les interactions entres les différents personnages. Cela sera mis en exergue par l’utilisation de la caméra panoramique.

Road movie : Aleksi Fermon  / Saito Mitsuaki

Le lieu du tournage est un paysage minier du nord de la France avec des Terrils.

Le scénario est découpé en 3 plans séquences.
Séq1. : Une voiture décapotable dans laquelle se trouve le conducteur et l’acteur-caméraman traverse un village. Une mariée affolée cours sur la chaussée et grimpe à l’arrière de la voiture. La voiture reprend sa route.
Séq2.: Après avoir secouru un homme allongé au bord de la route, le conducteur le prend également à son bord avant de repartir.
Séq3. : Sur la demande de l’homme un peu simplet, la voiture se dirige vers un terril. Les 4 passagers grimpent en haut du terril, au cours de la scène finale la mariée effectue une ronde, pendant que le conducteur joue aux dés et l’homme improvise sur une batterie.
Le scénario joue avec un double angle de vision, des scènes très proche à l’intérieur de l’habitacle de la voiture et des paysages panoramiques amplifiés par la caméra.

Surveille toi,toi-même.  Honorine Poisson – Lauriane Mordellet

Lieu de tournage : ESAD Valenciennes

Scénario : TECHNOVEOX est une entreprise de nouvelle technologie qui propose à ses clients de tester leur dernière innovation: une greffe de la vue. Ainsi la vision classique est remplacée par une caméra zénithale à 360°. D’après TECHNOVEOX ce procédé permet de se protéger d’une intrusion malveillante.

 

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